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Registre des traitements : mode d'emploi et modèle

Ce que l'article 30 du RGPD demande d'y inscrire, qui doit le tenir, comment le construire fiche par fiche et le garder vivant.

3 min de lecture

Le registre des activités de traitement est l'outil central du RGPD. Il répond à une question simple : que fait votre organisation des données personnelles, pourquoi, et comment les protège-t-elle ? Bien tenu, il sert à piloter, à répondre à une demande de la CNIL, et à réagir vite en cas d'incident.

Qui doit tenir un registre ?

Le responsable du traitement, c'est-à-dire l'organisation qui décide pourquoi et comment les données sont utilisées, et le sous-traitant qui traite des données pour le compte d'un client, chacun pour ce qui le concerne (article 30).

Et pour les moins de 250 salariés ?

Le RGPD prévoit une dérogation, mais elle est étroite. Elle ne couvre pas les traitements non occasionnels (la paie, la gestion des clients ou des fournisseurs), ceux qui présentent un risque, ni ceux qui portent sur des données sensibles ou des infractions. En pratique, comme le rappelle la CNIL, presque toutes les organisations doivent tenir un registre, au moins pour ces traitements-là.

Ce que l'article 30 demande d'y inscrire

Pour le responsable du traitement

  • Le nom et les coordonnées du responsable du traitement, et le cas échéant du responsable conjoint, du représentant et du délégué à la protection des données.
  • Les finalités du traitement : à quoi il sert.
  • Les catégories de personnes concernées (salariés, clients, usagers…) et les catégories de données traitées.
  • Les catégories de destinataires, y compris dans des pays tiers ou des organisations internationales.
  • Les transferts hors de l'Union européenne, avec les garanties prévues.
  • Dans la mesure du possible, les délais d'effacement prévus.
  • Dans la mesure du possible, une description générale des mesures de sécurité techniques et organisationnelles.

Pour le sous-traitant

  • Le nom et les coordonnées du sous-traitant, de chaque client responsable du traitement, et du délégué à la protection des données.
  • Les catégories de traitements effectués pour le compte de chaque client.
  • Les transferts hors de l'Union européenne et leurs garanties.
  • Dans la mesure du possible, une description générale des mesures de sécurité.

Le registre se tient par écrit, y compris sous forme électronique, et se met à disposition de la CNIL sur demande. Il n'a pas à être envoyé spontanément.

Comment le construire

  1. Partir des activités, pas des logiciels. Une fiche par finalité : « gestion de la paie », « suivi des clients », « recrutement », « vidéoprotection ». Un même logiciel peut servir plusieurs finalités.
  2. Interroger chaque service. Ressources humaines, comptabilité, commercial, accueil : chacun sait ce qu'il collecte et pourquoi.
  3. Remplir une fiche par activité avec les rubriques de l'article 30.
  4. Repérer les sous-traitants pour chaque fiche : éditeur, hébergeur, prestataire de paie. Vérifiez que le contrat contient bien les clauses prévues par l'article 28.
  5. Fixer les durées de conservation, puis vérifier qu'elles sont appliquées.
  6. Signaler les traitements à risque, qui pourraient nécessiter une analyse d'impact.

Un exemple de fiche

RubriqueExemple : gestion de la paie
FinalitéCalculer et verser les salaires, établir les déclarations sociales
Personnes concernéesSalariés, stagiaires rémunérés
DonnéesIdentité, coordonnées, numéro de sécurité sociale, coordonnées bancaires, éléments de rémunération
DestinatairesService paie, expert-comptable, organismes sociaux, administration fiscale
Sous-traitantÉditeur du logiciel de paie (contrat à vérifier)
Transferts hors UEAucun (à confirmer auprès de l'éditeur)
Durée de conservationÀ fixer selon les obligations légales applicables
SécuritéAccès réservé au service paie, double authentification, sauvegardes chiffrées
Exemple fictif, à adapter. Il ne remplace pas l'analyse de votre propre situation.

Un modèle officiel pour démarrer

La CNIL propose un modèle de registre simplifié, pensé pour les petites structures, sur sa page consacrée au registre des activités de traitement. Les registres de DYCAST reprennent les mêmes rubriques, avec un suivi des mises à jour.

Le garder vivant

  • Un nouveau projet, un nouvel outil ? Une fiche à créer ou à mettre à jour avant la mise en service.
  • Un rendez-vous annuel pour relire chaque fiche avec les services.
  • Des liens avec les autres registres : violations de données, sous-traitants, demandes d'exercice des droits.
  • Une date et un auteur pour chaque modification : on sait ce qui a changé, et quand.

Un registre rempli n'est pas une conformité

Le registre décrit ce que vous faites. Il ne dit pas que tout est en règle. Il sert justement à repérer ce qui doit être corrigé : une durée de conservation trop longue, un sous-traitant sans contrat, une donnée collectée sans raison.

Le registre vous aide aussi le jour d'un incident : en sachant où sont les données, vous évaluez plus vite si une violation présente un risque et s'il faut la notifier à la CNIL. Pour une question précise, l'assistant CNIL vous oriente vers les bonnes ressources.

Sources

  1. 01Le registre des activités de traitement — CNIL
  2. 02RGPD, chapitre IV : responsable du traitement et sous-traitant (articles 24 à 43) — CNIL
  3. 03Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) — EUR-Lex

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